Bulletin Femme au Fone - Edition 7

Juin 2017

 

Dans cette édition, vous lirez les articles suivant :

· « Sud Kivu : 2ème phase du projet femme au fone - : Les femmes déterminées à revendiquer leurs droits. (page2)

· « Femme au Fone Célèbre le mois dédié aux droits des femmes »

Ø Les manifestations de la journée du 8 mars au stade de la concorde à Bukavu, en directe à la Radio Maendeleo et Mama Radio (page 4)

Ø Clôture du mois dédié aux droits des femmes : FAF appelle à agir en se basant sur les voix des femmes.

· « Sud kivu : la planification des naissances pour un développement économique des femmes »

· « Vivre en « paix »après avoir subi les violences domestiques, c'est possible »

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La rédaction

Sud Kivu : 2ème phase du projet femme au fone : Les femmes déterminées à revendiquer leurs droits

La deuxième phase du projet « Femme au fone » est lancée officiellement au Sud-Kivu le 16 février 2017 à l'issu de la première phase qui s'est déroulée de Novembre 2013 à Décembre 2015. Ce projet est financé par l'ambassade hollandaise à Kinshasa et exécuté par quatre organisations dont une du droit hollandais, CORDAID et trois organisations du droit Congolais c'est notamment Radio MAENDELEO, l'Association des femmes des medias AFEM et la synergie des femmes pour la paix et la réconciliation des peuples des grands lacs d'Afrique SPR.

Un système qui connecte les femmes

Femme au Fone(FAF) est un projet qui est basé sur un système de communication SMS traités dans une unité centrale composée d'une équipe multidisciplinaire où les femmes en particulier et la population en général (des territoires et de la ville de Bukavu) envoient des informations sur des incidents de tout genre que subissent les femmes dans leurs milieux respectifs. Ce système relie des femmes locales aux femmes des organisations qui font du lobby au niveau local, national et international, avec l'objectif de prendre en compte ce qui est important pour elles en ce qui concerne la sécurité, la paix et la protection.

Le but est également de recueillir et rediffuser les voix et les opinions des femmes à travers les médias interactifs sur les risques, les soucis et les incidents sécuritaires des femmes dans le Sud-Kivu.

Femme au fone lutte aussi pour la promotion de l'égalité des sexes et le respect des droits des femmes parmi le public en soutenant la pleine intégration des perspectives féminines dans les processus locaux, provinciaux et nationaux de prise de décisions relatives aux droits des femmes, la paix et les questions de sécurité.

Ceci grâce au système d'information basé sur les SMS

Cette deuxième phase va plus se penchée sur la réalisation des actions de plaidoyer et lobby pour améliorer la sécurité de la femme et de la fille au Sud-Kivu.

Lancement officiel : des messages optimistes des différents acteurs.

La responsable d'AFEM et coordinatrice nationale du projet femme au fone, Julienne BASEKE, a indiqué à cette occasion, que la première phase a été une réussite car les femmes sont arrivées à briser le silence en parlant de leur propre sécurité. Ceci est prouvé par les statistiques, plus de deux milles messages (2000 SMS) dénonçant les cas d'insécurité que subissent les femmes.

''Cette deuxième phase vise plus le changement structurelle et le changement stratégique, afin de s'assurer que les voix des femmes et leurs besoins sont pris en compte dans les décisions des politiques mais également sur les activités de lobby et plaidoyer. C'est ainsi que nous appelons tout le monde à s'impliquer dans la mesure du possible afin que la femme trouve la paix'' Déclare-t-elle.

Pour sa part la conseillère au ministère du genre, famille et enfant invite les organisations membres du projet Femme au FONE à s'aligner derrière le mécanisme de récolte des données en province en matière de lutte contre les violences sexuelles et celles basées sur le genre.

Justine NANVURA espère que le projet va concourir une fois de plus à l'atteinte de la mission du gouvernement provincial dans la promotion des droits des femmes et des jeunes filles en particulier et de toute la population du Sud-Kivu en générale.

Elle appelle les femmes en particulier et toute la communauté du sud Kivu en général à s'approprier cette approche qui non seulement va permettre aux femmes de faire entendre leurs voix mais aussi va contribuer à la réduction des violences dont sont victimes les femmes en dehors ou dans leurs foyers car celles-ci sont des actrices de paix valables.

« Le gouvernement a compris que la femme n'est pas seulement victime mais également actrice de développement et de la paix, nous devons donc multiplier les initiatives enfin de garantir d'avantage les droits des femmes et des jeunes filles » ajoute-elle.

Appel à la collaboration pour les actions de plaidoyer

La cheffe de division provinciale femme, famille et enfant apprécie le travail abattu par Femme au Fone dans sa première phase. Jacqueline NGENGELE appelle les organisations du consortium FAF à plus de collaboration avec sa division afin d'intensifier les actions de plaidoyer sur le terrain.

La cheffe de division femme, famille et enfant, les organisations de promotion des droits des femmes nationales et internationales, la société civile du Sud-Kivu, l'assemblée provinciale, et d'autres partenaires travaillant sur la thématique genre ont affirmé leur intérêt quant à une certaine collaboration dans la synergie des actions de plaidoyer qui seront définies par le consortium FAF sur base des données des sms reçus.

Les premiers échanges avec madame Jacqueline NGENGELE, chef division ont ouvert les champs de discussion par rapport aux préparatifs de la journée du 8 mars.

Isabelle Riba et Raïssa Kasongo

Femme au Fone Célèbre la journée du 8 mars au stade de la concorde à Bukavu

La journée Internationale des droits des femmes a été célébrée le mercredi 8mars 2017 à Bukavu et sur toute l'étendue de la province du sud Kivu. Les activités commémoratives ont été officiellement lancées par le gouverneur de province Marcellin CISHAMBO, notamment la marche qui est partie de la place dite de l'Independence jusqu'au stade de la concorde de Kadutu.

L'équipe de la rédaction Femme au Fone, avec les matériels techniques et logistiques de la radio Maendeleo, a couvert cette manifestation, à travers la retransmission directe à la radio Maendeleo et relayé directement par Mama radio.

Cette initiative a été une innovation par rapport aux années antérieures car, tous les territoires du Nord et Sud Kivu couvert par les ondes de ces radios; ont suivi les manifestations en direct et les différents mots prononcés ont atteint une grande couche des populations cités –haut.

Différents discours, même message : promouvoir les droits des femmes!

Prenant la parole, la cheffe de Division de la femme, famille et enfant Jacky NGENGELE a invité toutes les femmes de la province d'entreprendre des actions pouvant améliorer leur promotion.

Madame marie MIGANI représentante de la composante femme du bureau de coordination de la société du Sud Kivu demande au gouvernement provincial de s'impliquer dans l'atteinte de 50 pourcent de participation des femmes à la gestion de la chose publique avant l'an 2030.

« L'alignement obligatoire des femmes sur les listes des candidats au sein de leurs partis politiques, conformément à l'article 13 de la loi électorale, va permettre qu'elles soient significativement représentées aux assemblées provinciales et nationales. Les femmes qui travaillent dans différentes institutions doivent donc valoriser leurs compétences. »

Prenant la parole, le chef du bureau de L'ONU FEMMES, monsieur Joseph NGORO, a indiqué que pour arriver à l'égalité entre la femme et l'homme il faut mettre des mesures en place lors du recrutement des employés dans le secteur privé et étatique pouvant faciliter la réinsertion des jeunes filles dans le monde du travail en tenant compte des questions sexo-spécifique. «Le gouvernement doit, investir dans plusieurs domaines de la vie scientifique pour offrir des opportunités d'emploi décent aux femmes. Les employeurs en général doivent éviter l'inégalité salariale entre la femme et l'homme en vue d'accroitre l'économie de cette dernière ».

Le chef du bureau de la Mission Onusienne pour le maintien de la paix au Congo, MONUSCO Sud Kivu Charles Frisby, à son tour a indiqué que, le travail des femmes fait partie intégrante des droits humains et qu'étant donné que ce sont les hommes qui ont occupé des postes de responsabilité depuis longtemps, il faut mettre fin aux préjugés et promouvoir l'égalité de sexe.

Le gouverneur de la province du Sud Kivu Marcellin CISHAMBO quant à lui, a invité les parents à encourager leurs enfants filles et garçons sans discrimination aucune, à finir les études pour que les filles puissent être compétitives sur le marché de l'emploi. Ceci va contribuer à la représentation paritaire dans les entreprises privées et étatiques partout en province du Sud Kivu.

Marlaine Zawadi

Femme au fone appelle à Agir en se basant sur les voix des femmes

« Agir en se basant sur les voix des femmes » c'est sous ce thème que le consortium Femme au Fone en collaboration avec la division provinciale du genre famille et enfant, le ministère provincial de genre a clôturé le mois de mars, mois dédié aux droits des femmes.

Plus de 300 personnes ont pris part à cette rencontre qui s'est tenue au collège Alfajiri dans la commune d'Ibanda à Bukavu le 3 Avril

Musiques, théâtre, poème, conférences sur la sécurité des femmes étaient au rendez-vous pour clore ce mois dédié aux revendications des droits des femmes, à l'amélioration de leurs situations en tenant compte de leurs besoins dans les politiques et stratégies des différents décideurs à tous les niveaux.

NIKO MUTU, une pièce théâtrale qui touche les cœurs

Le ballet Renaissance Africa dans sa pièce « Niko Mutu», « je suis humain » a ouvert les manifestations. Cette pièce condamne les violations et abus de droits de l'homme en province du Sud-Kivu. L'accent a été mis sur la sécurité physique et économique des femmes ainsi que les contraintes d'accès et de conservation du travail des femmes.

« Je pensais que le bonheur d'une femme était dans son foyer au près d'un homme qui m'aime, me chérit, qui me considère avec respect. Mais je me suis trompée, j'ai vécu le calvaire dans mon foyer, il me battait......Une femme mérite amour, affection, elle a droit au travail, de vivre en paix dans sa famille, elle mérite mieux que l'humiliation, elle peut travailler pour son autonomisation» de telles phrases ont été entendues dans cette pièce « Niko Mutu ».

Le mariage d'enfants, une violation grave des droits des jeunes filles

Dans son exposé sur la problématique des mariages d'enfants en province, la chef de division femme, famille et enfant, Jacqueline Ngengele a expliqué que la RDC est parmi les 20 pays africains avec un taux élevé de mariage d'enfants. Selon elle, cela se situe dans un contexte de pauvreté, manque d'opportunité économique pour les jeunes filles dans les zones rurales. Parmi les causes de cette situation Jacqueline Ngengele cite l'analphabétisme, la coutume rétrograde, la déscolarisation, les conflits armés et l'instabilité des familles.

« J'appelle les parents, tous les acteurs de l'éducation et des organisations de défense des droits des femmes à multiplier des campagne de sensibilisation pour mettre fin à ce fléau. Aussi que les filles étudient, qu'elles soient instruites, qu'elles connaissent leurs droits pour espérer à une représentation égalitaire en milieu de travail d'ici 2030 » ajoute Jacqueline Ngengele.

La rédactrice en chef du projet Femme au Fone Yvette Mushigo a appelé toutes les organisations de défense de droits des femmes et les autorités présentes à cette cérémonie à contribuer avec leurs moyens nécessaires pour améliorer la situation sécuritaire des femmes.

« Grâce au projet Femme au Fone, les voix des femmes seront entendues pour réduire les violences dont elles sont victimes en dehors ou dans les leurs foyers. Cette deuxième phase va plus se penchée sur les actions de plaidoyer et lobby pour le bien être des femmes et jeunes filles dans notre province » renseigne Yvette Mushigo dans son intervention.

Femme au Fone a également procédé à la projection du film documentaire qu'elle a réalisée en 2016 avec comme titre « les violences domestiques et en milieu professionnel, une réalité au Sud-Kivu !» que l'on retrouve sur youtube.

https://m.youtube.com/watch?v=BgBhVhGMndw&itct=CAYQpDAYECITCNah9r2gndICFRaAVQodfQULh1IVdmlvbGVuY2VzIGRvbWVzdGlxdWVz&hl=fr&client=mv-google&gl=US

« Nous sommes prêts à accompagner les femmes dans leur combat pour l'égalité de chance et la sécurité des femmes dans notre province » a affirmé le vice-gouverneur du Sud Kivu Gabriel Kalonda qui a procédé à la clôture de ces manifestations.

Eliane Polepole

Sud-Kivu : La planification des naissances pour un développement économique des femmes

En province du sud Kivu, les femmes des territoires s'engagent à adopter les méthodes de l'espacement des naissances recommandées par les spécialistes en matière de la santé sexuelle et reproductive. Cette pratique garantie une bonne santé de la mère et de l'enfant pour contribuer efficacement à la réduction de la mortalité maternelle et infantile, et accroitre le revenu économique de la femme et toute la famille.

Selon la chargée de la protection maternelle et infantile, PMI, au centre médical Bioglodi de Bukavu, Ruth MAZAMBI« la planification familiale se définit comme l'ensemble des méthodes qui aident les couples à programmer les naissances, en tenant compte de l'intervalle entre deux enfants qui se suivent. Ceci contribue à l'augmentation du revenu de la famille et favorise la bonne santé de la mère. Les statistiques annuelles livrées par la Division provinciale de la santé, prouvent que plus de 12% de couples ont adhéré aux méthodes de la planification familiale prescrites par les médecins durant l'année 2016 ».

La planification familiale et l'économie de la famille

La planification familiale contribue à la réduction de la pauvreté et la promotion de la croissance économique. Elle améliore le bien-être des familles en augmentant la productivité des femmes tel sont les précisions de docteur JUSTIN SISI de la division provincial de la santé. Des séances de sensibilisations sur la paternité et la maternité responsables dans plusieurs coins de la province ; ont permis aux couples d'adhérer aux méthodes de la planification familiale. Certaines femmes rencontrées, affirment qu'avant de prendre l'option d'espacer les naissances, elles se sont confrontées à d'énormes difficultés de maintenir leur emploi, ou d'exercer des activités pouvant leur permettre de gagner une petite somme d'argent. Madame Virginie rencontrée au Centre de santé de la Communauté des églises Baptiste au centre de l'Afrique CBCA Nyamugo à Bukavu, témoigne « Epouse d'un enseignant d'une l'école primaire de la place, le salaire de mon mari ne pouvait pas satisfaire aux besoins multiples de la famille. Je pouvais contribuer à l'augmentation du budget familial, qu'au cas où j'exerçais le petit commerce mais c'était impossible car chaque année je tombais enceinte. Lorsque j'ai adhéré à la planification familiale des naissances, mon organisme s'est adapté à l'utilisation des pilules et présentement mon dernier enfant à 3 ans. »

Madame Virginie, comme bien d'autres femmes dans les territoires du Sud Kivu, connaissent le poids des coutumes rétrogrades et des stéréotypes qui empêchent aux femmes à adhérer aux méthodes de la planification des naissances estimant, dans l'ignorance que l'abondance des enfants est une richesse.

Cette pensée pousse des parents à mettre au monde plusieurs enfants dont ils sont incapables d'assurer une survie convenable dans un environnement familial équilibré sur le plan affectif et éducationnel.

Des naissances trop rapprochées, un danger pour la santé de la mère et de l'enfant.

« Après mes quatre premières grossesses, je suis tombée malade. En tant que cultivatrice, mon état de santé ne me permettait plus d'exercer les activités champêtres. J'étais devenue fragile et incapable d'exercer de lourds travaux », explique Munyerenkana une femme cultivatrice de Kabare.

« Nous n'avions que ces activités pour survivre, car mon mari travaille comme huissier dans un bureau de l'Etat et il ne touche que quelques francs congolais. Pendant une longue période, mes enfants ont souffert de la malnutrition. Cela m'a pris du temps car je les amenais au centre nutritionnel de supplémentation, pour qu'ils soient en bonne santé. Je regrettais de les avoir mis au monde, car tout le monde se moquait de moi », témoigne Munyerenkana.

Une sensibilisation réussie

Selon le docteur JUSTIN SISI de la division provincial de la santé, des séances de sensibilisations sur la paternité et la maternité responsables dans plusieurs coins de la province ; ont permis aux couples d'adhérer aux méthodes de la planification familiale.

« A ce même centre où j'amenais mes enfants, je rencontrais d'autres femmes qui m'ont incité à suivre la sensibilisation sur la planification familiale. Les méthodes naturelles et l'utilisation des préservatifs m'ont intéressé ; j'en ai parlé à mon mari qui a aussi marqué son accord. J'ai mis ces méthodes en pratique et aujourd'hui mon enfant cadet a 4ans sans que je sois enceinte. Mont état de santé actuel me permet de cultiver et faire du commerce comme au paravent. Dans tout ce que je fais, je gagne une somme d'argent qui m'aide à répondre à certains besoins de ma famille, renchérit la cultivatrice Munyerenkana.

Les méthodes de planning familial aident beaucoup de couples, en particulier les femmes à se développer et accroitre le revenu familial. Lorsqu'une femme, en collaboration avec son mari accepte d'espacer les naissances, en suivant les prescriptions des médecins, les retombées s'avèrent positives pour la famille. Ceci permet à la femme de s'occuper entièrement de son travail et d'être plus performante afin d'occuper des postes décisionnelles.

Abordant sur l'importance de l'espacement des naissances, le protocole de Maputo exige aux Etats à assurer le respect et la promotion des droits de la femme à la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive. Ces droits comprennent notamment le droit d'exercer un contrôle sur la fécondité de la femme, le droit de décider de sa maternité, du nombre d'enfants et de l'espacement des naissances ; mais aussi le libre choix des méthodes de contraception. Le protocole de Maputo, formulé avec l'assistance de la fédération international du planning familial demande explicitement que toutes les méthodes de contraception soient fournies par le gouvernement. D'après les docteur Justin SISI de la Division provinciale de la santé au Sud Kivu, les utilisateurs des méthodes contraceptives sont plus susceptibles de travailler que les non-utilisateurs, car la planification familiale offre aux femmes le temps de chercher des opportunités d'emploi.

Marlaine Zawadi

Vivre en « paix » après avoir subi les violences domestiques c'est possible !

Au Sud-Kivu, nombreuses femmes vivent des situations des violences dans leurs ménages. Les messages reçus au système Femme au Fone FAF au début de cette année 2017 démontrent que certaines femmes sont battues par leurs maris, d'autres sont privées de la ration alimentaire, d'autres encore sont abandonnées avec leurs enfants ou chassées de leurs maisons lorsque le mari épouse une deuxième femme. Ces traitements que subissent certaines femmes dans leurs familles (Violences domestiques), dans les foyers appellent à la responsabilité de chaque acteur dans le respect des droits des femmes.

Rebecca M. âgée d'une quarantaine d'années, habitante de Mbombero en territoire de Kabare, mère de 5 enfants a su se batte pour son droit après avoir été rejetée par son mari. Elle a compris que malgré les souffrances qu'elle a endurées dans son foyer, il y a moyen de combattre pour le respect de ses droits et vivre en paix.

Témoignage de Rebecca M'Murhundi à FAF

« Je vivais avec mon mari, après huit ans ensemble, il commença à me dire qu'il va partir chercher du travail, et puis un jour il est parti. Il nous a abandonné au Nord Kivu, à Goma dans une maison à louer au moment où je n'avais pas de travail. Après quelques semaines j'ai appris qu'il est à Walikale. Nous avons souffert avec les enfants, j'ai manquais même la farine pour faire la bouillie pour mes enfants. J'ai fini par transportais des lourds fardeaux, avoir un peu d'argent et par après trouver le transport et revenir à Bukavu avec mes enfants. Mon mari m'a laissé avec un bébé de 8mois et je me demandais quoi faire, c'était une vie pénible. Il a fait 11 ans là à Walikale, il n'envoyait pas l'argent pour la ration alimentaire des enfants ni même pour les scolariser. J'étais seule sans assistance et je devais supporter tous les besoins de mes enfants, je n'avais même plus des nouvelles de mon mari. Un familier en provenance de Walikale m'avait prévenu qu'il vit avec une autre femme et il a 1 enfant.

Après un temps, J'ai eu une petite occupation à l'organisation Women for Women et puis à la prison centrale. J'ai commencé à gagner un peu d'argent et j'épargnais un peu. Comme la maison dans laquelle nous vivions était sur le point de s'écrouler, j'ai acheté des tôles et j'ai commencé à construire la maison. J'ai construit une jolie petite maison en bois chez nous à Mbombero et je faisais le petit commerce pour nourrir mes enfants et scolariser certains.

Après 11 ans d'absence, mon mari est rentré à la maison, mains vides. Il a trouvé que j'ai déjà construit la maison, il m'a demandé de vivre avec lui. Je n'ai pas refusé. Nous sommes partis faire le test à l'hôpital pour connaitre l'état sérologique. Nous n'avions pas des maladies sexuellement transmissibles ; les résultats de l'hôpital nous ont permis de rester encore comme mari et Femme. Après quelques mois, il a commencé à sortir avec une autre femme, et me faire souffrir, à m'injurier et à me mettre mal à l'aise. Il a fini par me chasser de la maison comme une voleuse. Il m'a chassé de la maison que j'ai moi-même construite. Je suis partie avec mes enfants chez mes parents. Après une année, j'ai réfléchi et j'ai trouvé que ce n'est pas normal que l'on viole mes droits. J'ai appris que mon mari veut vendre cette maison que j'ai construite avec la sueur de mon front, j'ai commencé à chercher des gens qui pouvaient m'aider à défendre mes droits.

Je suis partie voir le responsable de la commission diocésaine justice et paix noyau de Mbombero et j'ai expliqué le problème. Il a entamé le processus de dialogue avec mon mari. Il a d'abord resisté aux invitations des premières rencontres, mais après il a fini par accepter quand la CDJP lui a informé que s'il continue à refuser l'arrangement à l'amiable, le dossier va être amené en justice. Finalement, après des négociations et des fortes discussions ; il m'a laissé la maison avec mes enfants. Aujourd'hui je vis en paix grâce à l'accompagnement que j'ai reçu de part de la CDJP»

Rebecca demande à d'autres femmes de ne pas croiser les bras lorsque leurs droits sont bafoués. Selon elle, elle est heureuse de savoir qu'elle vit dans sa maison et qu'elle peut désormais prendre soins de ses enfants sans être dérangé.

« J'invite toutes les femmes à se battre pour leur dignité, pour leur honneur. Il y a celles qui souffrent tout simplement par ignorance. La femme est une force et si elle est déterminée, elle peut être source d'inspiration pour la communauté » conclut Rebecca M.Elle appelle toutes les femmes du Sud Kivu à briser le silence, à dénoncer les abus qu'elles subissent et à alerter la situation dans laquelle elles vivent auprès des structures qui peuvent les aider.

Propos recueillis par Eliane Polepole