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Walungu: 4 femmes violées par des hommes en mains armées en tenue militaire au centre de santé de Mugogo à Walungu

Viol des femmes à un centre de santé

17 juillet 2018 14:30

4 femmes ont été violées par des voleurs en mains armées vêtus en tenu militaire dans la nuit du 11 au 12 juillet au centre de santé de Mugogo/Lurhala en territoire de Walungu c'est ce qu'a indiqué un message parvenu au Système Femme au Fone le vendredi 13 juillet dernier.

Il s'agit d'une infirmière, deux femmes, l'une de 21 ans et l'autre de 20 ans et une jeune fille d'environs 18 ans qui étaient hospitalisées à ce centre de santé.

Selon l'infirmier titulaire du centre de santé de Bideka Baliona Sempiga, ces malfrats armés, sont arrivés entre 22 heures et 23 heures, ils ont commencé à torturer l'infirmière qui était de garde, ils ont pris l'argent et les téléphones et puis ils sont allés là où se trouvaient les malades et ont violés deux malades et une garde malade.

«Il y a une femme qui avait une menace d'avortement puis elle a été violée cette nuit, imaginez vous la douleur qu'elle avait et ce qu'elle a ressentie. C'est triste qu'un centre de santé soit attaqué par des hommes en armes, il n'y aucune pitié, je me demande où sont partis nos considérations et valeurs à l'égard de la femme. Ce sont des congolais qui ont violés ces femmes. Pourquoi attaquer un centre de santé?» déplore l'infirmier titulaire Baliona Sempiga.

Une membre de Femme au Fone Walungu indique qu'après l'attaque à cette structure sanitaire ces bandits en mains armées sont partis dans le groupement Cifunzi à Ikoma où ils ont intimidés et pris des biens de valeur dans les maisons de 3 enseignants. Dans cette même nuit, ils sont partis aussi à Bideka, un autre groupement de Walungu où ils ont volé dans la maison d'un infirmier vers 1 heure du matin.

Le chef de groupement de Lurhala Emmanuel Maroy interrogé par Femme au Fone regrette de voir que ces assaillants armés n'ont pas été attrapés après avoir volés et violés dans ce village .« Chez nous il n'y a même pas d'enquête qui abouti lorsque les bandits tuent des gens, a fortiori le viol!» se lamente ce chef de groupement.

La société civile sous noyau de Mugogo dénonce cette attaque perpétré par ces bandits assimilés aux militaires et appelle les autorités policières et militaires à veiller pour la sécurité des habitants et de leur biens car selon lui, il 'y a pas eu d'aide ni de secours de la part des autorités locales pour mettre la main sur ces malfrats.

Ce sont les militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo FARDC qui sont pointés du doigt pour ce viol selon les témoins arrivés à ce centre la nuit. Le commandant des FARDC à Mugogo reconnait ces faits et conteste cette accusation de viol attribuée à l'armée.

«Nous sommes en train de vérifier pour voir si nous allons trouver ceux qui ont commis ces vols et pillages. Nous sommes informés qu'il y a eu ces attaques, nous savons juste que ce sont des bandits qui veulent déstabiliser le village de Mugogo » précise à Femme au Fone le commandant Alphonso responsable de FARDC basé à Mugogo.

Les 4 femmes violées ont été transféré à l'hôpital général de référence de Walungu Fond Social du Kivu pour des soins appropriés grâce au secours de l'infirmier titulaire du centre de santé de Walungu.

Le consortium Femme au Fone estime qu'une enquête devrait être menée par la police, l'armée congolaise et les autorités locales de Walungu pour connaitre les véritables auteurs de ces actes de barbarie afin qu'ils répondent de leurs actes devant la loi.

Par Eliane POLEPOLE

Femme au Fone